• Home   /  
  • Archive by category "1"

Comment Traiter Un Sujet De Dissertation En Sociologie

I. Travail préparatoire

Comprendre le sujet.En vue d'identifier le sujet qui vous est soumis et d'éviter tout hors-sujet, vous devez d'abord étudier soigneusement la manière dont ce sujet vous est posé, c'est-à-dire chercher à comprendre exactement ce qui vous est demandé. Or cela ne va pas, dans certains cas, sans difficultés.

 

Délimiter le sujet. Généralement, la difficulté porte sur les limites du sujet. Or, il est capital de ne pas laisser de côté ce qui fait partie du sujet et de ne pas traiter ce qui est en dehors. Réfléchissez donc longuement et surtout abstenez-vous de la méthode pratiquée par certains qui, estimant leur disseration trop brève, la complètent en ajoutant, de propos délibéré, des développements qu'ils savent étrangers à la question. Leur calcul est faux, et le résultat produit, directement inverse de ce qu'ils escomptaient. Si vous hésitez sur le contenu du sujet, indiquez votre hésitation.

 

Rassembler ses connaissances. Une fois que vous avez précisé et limité le sujet, vous pouvez utiliser  votre mémoire. Essayez de vous rappeler dans quels passages du cours ou de l'ouvrage que vous avez étudiés, des développements ont été consacrés à la question que vous devez traiter. Bien souvent, il vous faudra chercher à droite et à gauche. Le sujet n'aura pas été nécessairement exposé sous la forme dans laquelle il vous est proposé. Il vous faudra souvent puiser les éléments de votre dissertation dans deux ou plusieurs chapitres différents de votre cours. Presque toujours, vous aurez à vaincre cette difficulté lorsque la dissertation portera sur une comparaison entre deux institutions. Notez en quelques mots les différentes questions relatives au sujet, qui vous reviennent en mémoire. Notez aussi tout de suite les numéros d'articles et les dates que vous pouvez avoir à citer; vous risqueriez par la suite, en raison de la fatigue ou de l'énervement qui est susceptible de vous gagner, de ne plus les retrouver.

Vous avez maintenant réuni tous les éléments avec lesquels vous allez bâtir votre dissertation. Reste à savoir sur quel plan vous allez construire l’édifice.

 

Construire un plan. Ici encore, réfléchissez longuement. La question du plan est primordiale et elle se pose même si le sujet a été traité dans le cours, parce que, dans le cours, il était lié aux développements qui le précédaient et le suivaient, tandis que cette fois-ci, il doit être présenté d'une manière indépendante. Ne craignez d'ailleurs jamais de choisir un plan autre que celui de votre cours ou de votre manuel: on vous saura gré de faire preuve d'originalité dans cette question du plan, qui est le critère un des sérieux sur lequel on juge la valeur d’un candidat. Ne poussez pas tout de même hors des limites raisonnables ce souci d’originalité.

 

II. Conception du plan

Dans tous les exercices qui vous sont proposés, un plan vous est nécessaire : dissertation écrite, commentaire d'une décision de jurisprudence, exposé oral, etc.

Arrêter un plan rigoureux, logique et cohérent, c'est fixer l'ordre qui sera suivi pour exposer le sujet étudié, c’est construire une œuvre originale.

Jusque-là, vous n'avez guère fait qu'emprunter à la pensée des autres. Cette pensée, elle est là dans votre dossier, désarticulée en menus morceaux. À vous de ressouder ces fragments. Après l'analyse, la synthèse.

 

Définir les questions à approfondir. Commencez par vous demander si toutes les questions que vous avez retenues méritent vraiment d'êtres traitées. Entrent-elles toutes dans le sujet ? Puis, parmi les questions retenues, fixez celles qui seront en quelque sorte le centre de votre exposé, celles auxquelles vous vous consacrerez particulièrement, celles que vous développerez. Qu'il s'agisse, dans toute la mesure du possible, de questions qui permettent une discussion, car, plus la part de la discussion sera grande dans votre travail, plus vous intéresserez. Qu'il s'agisse aussi, autant que faire se peut, de questions nouvelles, par exemple tranchées par des arrêts récents : on vous sera toujours reconnaissant de rajeunir le sujet. Tâchez surtout, dans cette recherche des questions à approfondir, de deviner pourquoi le sujet vous a été donné et de mettre en valeur le problème qui est à l’origine de votre sujet. Vous savez maintenant ce qui doit faire partie de votre travail. Reste à fixer l’ordre des développements.

A. L’introduction

Tout plan comporte une introduction et une conclusion.

 

Définir et délimiter le sujet à traiter. Dans l'introduction, la première chose à faire est de définir et délimiter le sujet que l'on traite afin que le lecteur sache de quoi il va être question. En délimitant le sujet, expliquez-vous sur les raisons qui vous ont fait rejeter telle ou telle question, si vous éprouvez quelque inquiétude de l'avoir laissée de côté. On pourra, dans ce cas, critiquer votre choix, mais non, ce qui serait beaucoup plus grave, vous reprocher une omission par ignorance.

Lorsque des textes législatifs commandent le sujet, citez-les tout de suite. Quand un texte existe, il emporte tout. Il faut donc qu'on le connaisse dès l'abord.

 

Démontrer l'intérêt du sujet. Montrez, afin que l'on s'attache à vos développements, pourquoi le sujet mérite d'être examiné. Efforcez-vous d’en dégager les intérêts théoriques et pratiques. Si l’histoire du sujet mérite qu'on s'y attache — et elle le mérite souvent — placez-la dans l'introduction. Encore ne faut-il pas que son importance soit telle qu'elle commande le sujet tout entier, auquel cas sa place n'est plus dans l'introduction, mais dans le corps même du développement.

Vous pouvez aussi parfois donner dans l'introduction des indications sur le droit comparé ou, plus modestement, exposer la solution de certains droits étrangers.

 

Annoncer clairement les idées directrices. Mais l'essentiel est, dans l'introduction, d'annoncer les idées directrices de votre sujet, celles que vous avez dégagées de l'étude que vous avez faite et dont vous allez démontrer la réalité dans le corps de vos développements ; celles sur lesquelles vous vous efforcerez de construire votre plan, le fil conducteur de votre travail. Pour que l'on puisse vous suivre, il faut qu'on les connaisse. Ne laissez pas à votre lecteur le soin de découvrir peu à peu ce que vous ne lui révélez qu'en terminant. Ne craignez pas de dire tout de suite où vous allez, car nul ne fera l'effort nécessaire pour le deviner : vous n'écrivez pas un roman policier !

Annoncer clairement, le plan choisi, à la fin de l’introduction, avant d’aborder la première partie. Beaucoup d’étudiants croient devoir commencer leur travail par l’annonce du plan. C’est une grosse erreur, car le sujet étant alors inconnu du lecteur ou de l’auditeur, celui-ci n’est pas à même de comprendre sur quoi repose la construction.

B.     La division des parties

Quel va être le plan ? Comment allez-vous diviser le corps du sujet, le construire ?

Puisqu’il s’agit d’un travail relativement bref, il ne faut pas plus de deux ou de trois parties. Chacune de ces parties doit, quant à elle, être subdivisée en deux ou trois sous parties. Formellement le plan se présente donc de cette façon :

I. (Intitulé de la première partie)
A. (Intitulé de la première sous-partie)
B. (Intitulé de la seconde sous-partie)

 

II. (Intitulé de la seconde partie)
A. (Intitulé de la première sous-partie)
B. (Intitulé de la seconde sous-partie)

Arrêter des subdivisions constituant un ensemble cohérent. Pour chacune de vos divisions et subdivisions, l'ordre selon lequel seront présentées les différentes questions que vous y faites entrer, doit être rigoureux et logique. Cela signifie que ces divisions, bien qu'elles demeurent distinctes, doivent former un ensemble : il ne faut pas creuser un fossé entre chacune d'elles. Il importe de préciser que trop de divisions et subdivisions empêchent, de suivre le développement, car pour suivre, il faut garder le plan toujours présent à la mémoire, et comment le faire si ce plan est un arbre aux rameaux touffus ?

 

Dégager du sujet l’idée générale, fondement du plan. Examinez quelles sont les questions que vous avez désignées pour être spécialement développées. Elles doivent être réparties entre les grandes divisions de votre travail. Il en faut au moins une dans chacune des parties. Cet examen va déjà probablement vous guider quant au plan à adopter.

Dans toute la mesure du possible, le plan doit être commandé par l'idée générale qui domine le sujet. Ce sont les branches de cette idée qui doivent vous donner la trame. Et tout est parfait si ces deux branches s'opposent.

La recherche de l'originalité ne doit pas toutefois vous conduire à l'obscurité. La première qualité d'un plan est d'être fondée sur une idée claire, facile à saisir et à retenir.

Si vous ne pouvez pas dégager de votre sujet une idée générale susceptible de servir de base à votre plan, vous avez bien des chances de tomber dans un plan « passe-partout ». Efforcez-vous alors de 1'« habiller », ou plutôt de le « déguiser », en choisissant un intitulé qui le rajeunira, en le dissimulant derrière un semblant d'idée générale.

Souvent l'intitulé même du sujet paraît contenir un plan. N'adoptez ce plan sans réfléchir longuement, car le plus souvent, il ne vaut rien. Par exemple, si on vous demande d'exposer « les avantages et les inconvénients » d'une institution, n'adoptez jamais cette division, qui vous exposerait à des redites.

C'est, en effet, une règle absolue à respecter : ne jamais choisir un plan tel qu'il oblige à reprendre dans la seconde partie ce qui a été développé dans la première et inversement.

Lorsque vous avez à comparer deux institutions, ne consacrez pas la première partie à l'une et la seconde à l'autre, pour vous contenter dans la conclusion de relever les ressemblances et les différences. Tout votre travail doit être, dès le début, consacré à comparer. Cherchez donc les idées générales qui gouvernent la comparaison ou les points principaux sur lesquels le rapprochement des deux institutions présente un intérêt, et bâtissez là-dessus votre plan.

Lorsque vous avez à faire une étude critique d'une institution, un plan « passe-partout» consiste à montrer, dans une première partie, comment fonctionne cette institution en soulignant ses inconvénients, pour tracer les remèdes à apporter, dans une seconde partie où l'on placera l'étude des projets déposés et du droit comparé. Essayez de trouver mieux en tachant de fonder votre plan sur une idée générale.

Autre règle : il n'y a pas qu'un seul plan possible par sujet. On peut en découvrir souvent un grand nombre qui sont acceptables ; les rechercher et en comparer les mérites constitue un excellent exercice.

 

Annoncer avec cohérence l’enchaînement des divisions. Vous avez adopté une division. Vous l'avez annoncée, en la justifiant, à la fin de votre introduction. En abordant la première partie, indiquez le titre de cette partie. Puis, avant d'écrire l'intitulé de la première sous-partie, annoncez, dans un « chapeau » de deux ou trois lignes les sous-parties qui vont être traitées dans la première partie.

Enfin, entre les sous-parties et, surtout, entre les parties, il convient d'effectuer une rapide transition. Transition qui vous permettra d'établir, voire de justifier, le lien entre les développements qui précèdent et ceux qui vont .suivre. Ces transitions révèlent la cohérence de votre plan, attestent la logique de votre démonstration. Elles ont donc une importance primordiale et vous permettront, lorsque vous les rédigerez, de vérifier la qualité de votre plan.

Formellement, la structure formelle de votre travail doit donc apparaître de la façon suivante:

1° Présentation du sujet
▪ Explication du sujet
▪ Délimitation du sujet
▪ Premières vues sur le sujet

 

2° Intérêt du sujet
▪ Mise en perspective du sujet :
– perspective théorique
– perspective pratique
– données historiques
– données de droit comparé
▪ Incursions dans d'autres disciplines (morale, philosophique, sociologique, économique).

 

3°Mise en lumière de vos idées directrices
Annonce du plan
I. (Intitulé de la première partie)
Chapeau (Annonce des sous-parties)
A. (Intitulé de la première sous-partie)
Transition entre les sous-parties
B. (Intitulé de la seconde sous-partie)
Transition entre les parties
II. (Intitulé de la seconde partie)
A. (Intitulé de la première sous-partie)
Transition entre les sous-parties
B. (Intitulé de la seconde sous-partie)
Conclusion

 

C. La conclusion

Justifier l’exactitude des idées développées. Il vous reste maintenant à conclure. La conclusion doit contenir le résultat de votre travail. Résumez donc l'essentiel de ce qui se dégage de votre étude. Sans doute, vous avez déjà, dans l'introduction, signalé les idées générales qui gouvernent le sujet. Mais, à ce moment-là, vous les avez simplement annoncées, sans les justifier. Vous avez demandé que l'on vous fasse crédit. Maintenant, vous avez tenu votre promesse et vous vous justifiez de l'avoir tenue. Ce que vous devez faire apparaître dans la conclusion, c'est donc précisément que vous avez démontré l'exactitude des idées avancées, que ces idées découlent de vos développements.

III. Rédaction

Rédiger clairement et avec rigueur. Vous avez consacré la première heure au travail préliminaire (compréhension et détermination du sujet). Consacrez les deux autres à la rédaction. Suivez votre plan pas à pas. Annoncez-le dès la fin de l’introduction. Cherchez avant tout à être clair. Pour y parvenir, choisissez les termes exacts : le langage juridique est un langage précis et tâchez d'écrire des phrases élégantes (surtout ne rédiger pas en style télégraphique) : posez nettement les questions que vous examinez ; présentez avec force les arguments que vous faites valoir et défiez-vous de la subtilité, car elle est l’ennemi de la rigueur et de la clarté.

Efforcez-vous d'écrire lisiblement (ne parlons pas de l'orthographe : vous êtes censé la connaître ; mais n'oubliez pas qu'une méconnaissance trop grande de ses règles est susceptible de vous conduire à un échec). Que votre plan saute aux yeux du lecteur : pour cela, n'hésitez pas, soit à souligner dans le texte les titres de votre division principale, soit à les faire déborder dans la marge (ex. : I. Caractères. II. Effets). Mais n'abusez pas de cette méthode : votre composition ne doit pas ressembler à un tableau synoptique. Qu'elle soit « aérée » et non compacte : n'hésitez pas à aller à la ligne chaque fois que vous abordez une question nouvelle. Avant de vous dessaisir de votre copie, relisez-la.

Proposée par Sciences-Po et OpenClassrooms, cette fiche méthodologique, première d’une série de huit, détaille en vidéo et textes les règles à connaître pour réussir une dissertation.

Cette fiche méthodologique est proposée par Sciences-Po, associé à OpenClassrooms, pour accompagner les lycéens vers le bac et les études supérieures. Nous republions progressivement sur Le Monde.fr/campus les huit fiches e-methodo conçues par des enseignants de lycée et de Sciences Po : rédiger une dissertation, un commentaire de texte, prendre des notes, lire une carte, faire une recherche sur Internet, organiser son temps durant un examen ou concours...

La dissertation est l’exercice phare de l’enseignement des sciences humaines en France. C’est une sorte de test de compréhension du cours, qui va mettre aussi à l’épreuve votre capacité de réflexion, votre capacité à argumenter et votre culture générale. C’est surtout un exercice très codifié, dont il faut respecter les règles si vous voulez le réussir. Connaître vos leçons ou réfléchir vite ne suffira pas !

Le but de la dissertation est de vous inciter à structurer une réflexion cohérente, écrite et argumentée qui réponde à une problématique, en fonction de règles prédéfinies.

  • Structurer => car il faut suivre un découpage clair et progressif

  • Cohérente => car il faut que toutes les parties répondent à la problématique.

  • Écrite => car c’est en écrivant que l’on apprend à écrire, que ce soit sur le plan stylistique, argumentatif, orthographique.

  • Argumentée => car chaque idée doit être développée, appuyée par un exemple, prouvée par la démonstration, pour convaincre le lecteur.

  • Problématique => car il faut dégager un angle à partir du sujet donné.

  • Règles prédéfinies => car c’est un exercice académique, et pour que tout le monde soit évaluable sur les mêmes critères, il faut que tout le monde les respecte. En sport, on ne pourrait pas noter un participant qui jouerait au foot au milieu d’un tournoi de basket. Ici, c’est identique, il faut suivre les règles sous-entendues par le terme de “dissertation”.

Nous allons donc voir tous ces aspects incontournables de la dissertation en suivant la chronologie d’une épreuve.

Lire aussi :   Quiz : Savez-vous faire une dissertation ?

Organisez-vous

Vous vous asseyez dans la salle d’examen pour réaliser votre dissertation. D’abord, organisez-vous ! Réfléchissez au temps que vous avez pour la faire, et fixez-vous une répartition du temps, que vous noterez tout de suite au brouillon. C’est la meilleure façon pour ne pas vous laisserdéborder.

En 2 h 30

Pour l’épreuve d’entrée à Sciences Po, vous devez faire votre composition en 2h30 environ. Rendez-vous prochainement sur la fiche « Organiser son travail lors d’une épreuve limitée dans le temps » pour plus de renseignements.

En 4 heures

Pour une épreuve de 4 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h35 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 20 minutes pour poser les idées en vrac

  • 30 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

2h15 : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 40 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

10 minutes : relecture

En 5h

Pour une épreuve de 5 heures et un plan en 3 parties, il vous faudra consacrer environ...

1h45 : brouillon

  • 10 minutes pour le choix du sujet

  • 15 minutes pour décortiquer le sujet et problématiser

  • 25 minutes pour poser les idées en vrac

  • 35 minutes pour concevoir le plan et ajouter les exemples

  • 15 minutes pour rédiger l’introduction au brouillon

  • 5 min pour rédiger la conclusion provisoire au brouillon

3h : rédaction

  • 5 minutes pour recopier l’introduction

  • 55 minutes par partie

  • 10 minutes pour la conclusion

15 minutes : relecture

Décryptez le sujet

Comment décrypter ?

Maintenant que vous savez le temps vous allez consacrer à chaque étape de l’épreuve, il faut s’attaquer au sujet. Un sujet, cela peut être plein de choses : une question, une citation, une affirmation… L’important est de le disséquer pour comprendreles enjeux sous-entendus par ce sujet et d’en tirerune tension, une question, à laquelle votre dissertation répondra.

Pour savoir comment problématiser votre sujet, nous publierons bientôt une fiche consacrée à cette question.

Pourquoi décrypter ?

Ce qu’il faut absolument retenir, c’est qu’une problématique est un angle d’attaque, une façon particulière d’aborder un sujet. Et c’est elle qui vous permettra de prioriser les idées qui vous viennent, de les organiser pour y répondre. Le sujet n’est pas une problématique et une problématique n’est pas un sujet.

Un sujet est une formulation générale, qui autorise plusieurs problématiques, et qui ne souligne pas forcément un problème particulier. Exemples :

  • Gains de productivité et croissance économique

  • Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933

  • Qu’est-ce que l’art ?...

Si vous traitez ces sujets sans les problématiser, vous allez probablement transformer votre dissertation en catalogue, dans laquelle vous présenterez par exemple tous les partis ouvriers allemands ou toutes les formes d’art qui existent. Mais ce n’est pas du tout ce qu’on vous demande !

La problématique entre alors en jeu : à partir d’un sujet, quelle question particulière pouvez-vous vous poser pour éclairer le thème proposé ?

  • Pour le sujet d’économie “Gains de productivité et croissance économique”, il faut s’interroger sur la relation entre les deux notions, pour en tirer une question, comme “Comment la productivité stimule-t-elle la croissance et comment la croissance encourage-t-elle la productivité ?” Ou encore “Quels sont les effets positifs et les effets négatifs de la productivité sur la croissance ?”.

  • Pour le sujet d’histoire“Les partis ouvriers allemands de 1875 à 1933”, il faut essayer de comprendre la tension qui rend ce sujet intéressant. On peut la formuler en se questionnant sur le rapport des partis avec les syndicats : “Comment s’articulent les partis et les syndicats allemands ?” Ou en se focalisant sur la tension idéologique : “Qu’est-ce qui oppose les réformistes des révolutionnaires ?” Ou encore sur la capacité du mouvement ouvrier à se rassembler durant cette période : “Comment le mouvement ouvrier est-il passé de l’unité à la division ?”.

  • Pour le sujet de philosophie, “Qu’est-ce que l’art ?”, la question est bien évidemment trop vaste et trop générale pour être une problématique. Il faut donc orienter le traitement que vous allez faire du sujet en vous demandant “Comment l’art se distingue-t-il de l’artisanat ?”, ce qui vous fera réfléchir sur l’aspect transcendant, symbolique de l’art, ou en vous interrogeant par exemple sur les rapports entre l’art et le beau “L’art n’est-il que l’expression du beau ?”.

Structurez votre plan

Comment faire concrètement ?

Vous avez bien disséqué le sujet ? Vous en avez tiré une problématique ? Maintenant, posez vos idées en vrac, au brouillon. Notez tout ce qui vous passe par la tête, qui semble relié à la problématique, essayez de mobiliservos connaissances de cours qui pourraient vous servir, pensez à des exemples qui vous semblent parlant.

Vous pouvez par exemple prendre une feuille à l’horizontale et tracer 3 colonnes : celle de gauche vous permettra de mettre toutes vos idées, puis dans celle du milieu vous classerez vos idées en 2, 3 ou 4 parties, et en face de chaque idée, dans la dernière colonne, vous ferez figurer 1 ou 2 exemples étayant chaque idée.
Sinon, vous pouvez aussi prendre une ou plusieurs feuilles pour poser vos idées (n’utilisez que les rectos, pour ne rien oublier), puis tout reclasser et enrichir d’exemples sur une autre. À vous de voir !

Comment construire les différentes parties ?

Pour rassembler vos idées en 2 à 4 grandes parties, il faut absolument garder en tête que chacune à sa façon doit répondre à la problématique, et si possible en allant du plus évident au plus complexe, du plus descriptif au plus analytique, du détail au général.

Dans le cadre d’un plan dialectique (thèse, antithèse, synthèse) en 3 parties, la progression est assez classique. La première partie doit expliquer le plus évident, ce à quoi l’on pense dès la lecture de la problématique, c’est la “première couche” de votre réflexion. La deuxième partie apporte un tournant, un éclairage, ou une contradiction. La troisième partie, elle, dépasse les autres pour dégager les enjeux plus vastes, ou résoudre la contradiction apparente entre les deux premières parties…

Sujet de Philosophie : « Suis-je responsable de ce dont je n’ai pas conscience ? »
Problématique : En quoi la notion d’inconscient pourrait-elle me dédouanner de mes action ?

1. La question de la volonté de ce dont je n’ai pas conscience n’a pas de sens :
1.1 philosophie de la volonté infinie : importance de la conscience pour la conduite, et infinité de l’inconscient
1.2 doctrine freudienne : importance de l’inconscient

2. Je ne suis pas responsable de mes mobiles inconscients, mais je suis responsable de mes actes :
2.1 la moralité se constitue contre les inclinations
2.2 responsabilité, devoir et prise de conscience

3. Être responsable consiste aussi à reconnaître en moi ce qui échappe à ma conscience et à l’emprise de ma volonté :
3.1 la responsabilité exige que nous comprenions en nous l’homme de désir
3.2 la responsabilité, qui n’est pas culpabilité, se définit par la relation à l’autre

On peut penser à d’autres types de plan, comme le plan analytique (description, causes, conséquences),thématique (différents aspects d’une même question), comparatif (examiner deux notions puis dépasser leur clivage)...

Certains plans sont plus appropriés lorsque l’intitulé du sujet est introduit par certains verbes. Exemple : analytique avec « décrire », thématique avec « à quoi sert », dialectique avec « faut-il », etc.

On peut bien sûr combiner deux natures de plan dans les parties et sous-parties. En histoire, par exemple, il arrive souvent que les grandes parties soient définies chronologiquement mais qu’à l’intérieur de ces parties, on répartisse les arguments de façon thématique.

Votre plan de dissertation va aussi dépendre de la discipline : vous ne ferez pas le même type de plan en histoire, en lettres, en économie… En SES, on conseille souvent un plan en 2 parties, en histoire et en philosophie, 3 parties, en lettres, 3 ou 4. il faut structurer le devoir selon une logique de progression, qui va toujours du moins important au plus important.

Sujet de Sociologie : « Le travail, facteur d’intégration sociale ? »
Problématique : En quoi le travail peut-il apporter un bien-être en donnant un réseau social ?

I. Le travail est un facteur important d’intégration :
A) l’emploi accorde une place, une identité et une utilité sociales
B) l’arrêt du travail fragilise le lien et peut créer une marginalisation

II Le travail n’est pas toujours intégrateur et l’intégration est assurée aussi par d’autres biais :
A) certains employés sont isolés et communiquent peu avec autrui
B) la famille, l’amitié et les relations de loisirs

Rédigez l’introduction et la conclusion

Maintenant que votre plan est structuré et détaillé, il faut vous lancer. Et commencer à rédiger, d’abord l’introduction et la conclusion, au brouillon.

L’introduction

L’introduction, c’est la porte d’entrée de votre copie, il faut la soigner ! Sa construction est toujours la même.

Pour le sujet « En quoi l’État-providence assure-t-il la cohésion sociale ? », on aura une introduction structurée comme suit :

  • L’accroche (appelée aussi amorce), élément contextuel qui permet d’attirer l’attention du lecteur.
    La mise en marge de la société d’individus et le repli de communautés sur elles-mêmes sont toujours une menace pour toute société.

  • Présentation du sujet, éventuellement en le reformulant. Celle-ci a besoin de paix et de partager des valeurs et des activités sociales communes : c’est la cohésion sociale. En quoi l’État-providence joue-t-il un rôle dans cette cohésion ?

  • Choix de la problématique et mention des enjeux. Comment les pouvoirs publics peuvent-ils assurer cette harmonie ? Par quels mécanismes économiques et sociaux et avec quels moyens interviennent-ils ? À quelles limites se heurtent-ils ? S’interroger sur le rôle de cohésion sociale de l’État-providence donnera l’occasion d’analyser l’intérêt et les modalités de l’interventionnisme face aux conduites déviantes et à la fragilisation du lien social.

  • Présentation des grandes parties du plan (sans mentionner partie 1, partie 2 etc, cela doit sembler fluide). Vous avez plusieurs possibilités de formulation.
    Exemple 1 : Après avoir mis en valeur comment l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, nous montrerons de quelles façons il essaye de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 2 : Si l’État-providence a notamment pour mission d’aider la population à satisfaire certains besoins, il dispose de moyens multiples pour essayer de maintenir la cohésion de la société.
    Exemple 3 : Comment l’État-providence aide-t-il la population à satisfaire certains besoins ? De quelles façons essaie-t-il de maintenir la cohésion de la société ?

La conclusion

Il ne faut pas oublier de la rédiger au brouillon juste après l’introduction, cela vous sera bien utile lorsque vous paniquerez à la fin de l’épreuve !
Vous devez la soigner, car c’est la dernière impression que vous laisserez au correcteur. Elle est composée de deux parties :

  • Le bilan, qui récapitule les résultats de chaque partie. Ne repartez pas dans des exemples, vous devez résumer à grands traits le cheminement de votre pensée en montrant que vous avez répondu à votre problématique.

  • L’ouverture, pour élever la réflexion. Vous devrez ouvrir le débat de façon pertinente, c’est-à-dire que vous pouvez relier votre sujet à une autre problématique, à des considérations actuelles, à une thématique plus large. Mais il faut que cette ouverture ait un sens, si vous manquez d’inspiration, cela pourrait vous pénaliser, il vaut mieux ne rien mettre plutôt que de faire une ouverture “bateau”.

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?”, on pourrait avoir la conclusion suivante :

1. Le bilan
Au-delà des partis pris, il semble difficile de trancher sur la supériorité de telle ou telle mesure. Toutefois, on ne peut ignorer les décisions de politique économique retenues par la présidence Hollande surtout depuis 2013. Elles semblent corroborer l’hypothèse qu’en agissant à la baisse sur le coût du travail, cela devrait permettre de restaurer les marges des entreprises, leur compétitivité prix tout en les rendant plus concurrentielles sur les marchés internationaux. Cette politique devrait alors pouvoir se traduire positivement en termes d’emplois comme le confirment les théoriciens de l’offre en général. Cependant, agir de la sorte risque de s’effectuer au détriment des ménages, de la demande de consommation tout en hypothéquant les attendus d’une politique de réduction du coût salarial.

2. L’ouverture
Il importe donc de parvenir au meilleur compromis dans un contexte financier étroit et marqué par un certain rejet de l’opinion publique à l’égard de la politique gouvernementale… On peut toutefois, à la veille des élections européennes, s’interroger sur la capacité de la France, seule, à réduire sensiblement le chômage. La réponse ne se situe-t-elle pas davantage à l’échelle européenne ?

Entrez dans le vif du sujet

Vous avez cerné votre sujet en rédigeant votre introduction, vous savez là où vous voulez en venir car vous avez rédigé une première version de votre conclusion. Maintenant, il faut dérouler votre développement ! Recopiez votre introduction, puis lancez-vous, en suivant votre plan détaillé.

Construire vos parties

Entre les différents morceaux de la dissertation, il faut “huiler les rouages” en utilisant des connecteurs logiques et des transitions, pour fluidifier la lecture et dérouler le raisonnement de façon logique. Vous pouvez les noter au brouillon sur votre plan détaillé si cela vous aide.

Les transitions servent à faire passer d’une partie à une autre, d’un paragraphe à un autre, d’une idée à une autre. Il suffit alors de rappeler l’idée précédente en la résumant au plus important, et d’annoncer celle qui arrive en faisant un lien logique.

Les connecteurs logiques servent de transition à l’intérieur même des paragraphes, et permettent de mettre en lumière des rapports logiques : de cause à effet, d’opposition, de nuance, de juxtaposition...

Exemples : ainsi, en effet, dans la mesure où, c’est-à-dire, comme le souligne, également, par conséquent, malgré, toutefois, certes, en définitive, c’est pourquoi...

Pour le sujet “La baisse du coût du travail est-elle la solution au chômage français ?” problématisé comme cela : “Dans quelle mesure agir sur le coût du travail pourrait servir positivement la réduction du chômage et, est-ce véritablement la seule action à privilégier ?” et avec le plan suivant :

1. La baisse du coût du travail semble être une solution efficace au chômage
1.1 Un constat empirique
1.2 Une approche validée théoriquement
2. Cet objectif est une solution à relativiser
2.1 Un constat global
2.2 D’autres pistes envisageables

Pour faire la transition entre les deux sous-parties de la partie 1, on pourrait imaginer la phrase suivante :

C’est un constat qui est fait à un temps T et qui nous apporte un argument en faveur de la baisse du coût du travail pour réduire le chômage. On pourrait opposer le fait que c’est un constat ancré dans une temps et un lieu précis, et probablement pas généralisable. Mais, il s’avère que c’est une approche qui a été validée théoriquement !

Les parties devront s’enchaîner naturellement grâce aux transitions et connecteurs logiques. Chaque partiese construit toujours comme suit :

  • Introduction de partie

  • 3 ou 4 paragraphes argumentés

  • Conclusion de partie

Il faut toujours introduire votre thématique globale, l’étayer par des idées argumentées qui sont elles-mêmes soutenues par des exemples, et récapituler les conclusions auxquelles vous êtes arrivé en suivant votre raisonnement.

Construire un paragraphe

Les parties sont donc composées de paragraphes argumentatifs, et ils doivent suivre la structure suivante :

  • Introduction / annonce de l’idée

  • Développement de l’idée

  • Illustration de l’idée

  • Déduction / conclusion

L’annonce de l’idée doit se faire à l’aide d’un connecteur logique pour créer le lien à partir de l’idée précédente. Vous devez énoncer l’idée générale de façon précise, en une ou deux phrase.

Puis, vous développerez votre argument, en donnant les détails nécessaires. Il faut montrer pourquoi cette idée est pertinente, apporter des précisions, la caractériser.

Pour étayer cette idée, il vous faudra donner au moins un exemple concret, qui vous permet de rendre votre idée crédible en la donnant à voir concrètement au lecteur. Vous pouvez aussi mentionner un exemple qui permettrait de nuancer l’idée ou de montrer ses limites. Mais dans ce cas il faut bien le préciser, sinon on pourrait vous reprocher de mal choisir vos exemples.

Puis vous devez tirer une synthèse de cette argumentation, qui confirme votre idée énoncée au début et qui la rend plus forte. Il ne faut pas que ce soit une simple répétition de l’annonce de l’idée, sinon l’argumentation n’avance pas et on tourne en rond. Il est bon de relier l’argument à la problématique à ce moment-là.

Une dissertation est avant tout une démonstration d’idée, ne l’oubliez pas ! Et il faut rentrer dans ces “cases” pour réellement répondre à l’exercice, n’essayez pas de faire original sur le plan de la méthode, cela ne paie jamais.

Bons conseils

Au-delà du fond de vos idées, que vous devez acquérir en travaillant, et de cette structure fixe, qu’il faut absolument respecter, d’autres éléments sont pris en compte par le correcteur. Gardez-les en tête !

Sur la forme :

  • Rendez un devoir propre. C’est tout bête, mais une copie sale, avec des tâches et une graphie illisible récoltera rarement une très bonne note.

  • Aérez votre devoir ! La disposition de votre texte donne des indications sur la structure de votre argumentation. Il faut sauter2 lignes entre l’introduction et la première partie, la deuxième et la troisième, et entre la troisième et la conclusion. Il faut sauter une ligne entre les sous-parties, commencer toutes vos sous-parties ainsi que l’introduction et la conclusion par un alinéa. Enfin, il fautaller à la ligne dès que vous changez d’“étape” à l’intérieur d’un paragraphe (dans l’introduction, entre l’amorce et l’annonce du sujet, l’annonce du sujet et la problématique, la problématique et le plan ; dans les parties, entre l’annonce de l’idée et le développement, etc.).

  • Mais il ne faut pas mettre de plan apparent, ne faites pas pas figurer dans votre copie les 1, 1.1 et autres. Gardez cela pour le brouillon.

  • N’oubliez pas la ponctuation, mettez des virgules, faites des phrases courtes, sinon votre correcteur va s’asphyxier !

  • Banissez les phrases alambiquées, allez au plus clair.

  • Faites attention à votre orthographe et votre syntaxe, un écrit truffé de fautes ne pourra pas être bien noté.

  • Restez dans un registre de langue soutenu, évitez toute familiarité et utilisez le vocabulaire adéquat.

Sur le fond :

  • Ne dites pas « Je », vous ne devez pas vous impliquer personnellement en tant qu’individu, même si c’est votre pensée que vous exposez.

  • La dissertation n’est pas un exercice de style, vous devez resterdémonstratif et objectif autant que possible.

  • Ne paraphrasez pas ni le sujet, ni les documents à votre disposition. Il s’agit ici d’expliquer, d’analyser, de démontrer.

  • Il faut bien délimiter votre propos, ne partez pas dans tous les sens et ne faites pas de discours trop général.

  • Soyez précis : si vous citez, ce n’est pas de façon approximative, si vous parlez d’éléments quantitatifs, citez des chiffres, si vous évoquez une période, donnez des dates.

Et enfin, relisez-vous ! Gardez toujours un peu de temps à la fin pour vous relire, cela vous évitera de ne pas finir votre devoir et vous pourrez corriger de potentielles erreurs de raisonnement et fautes d’orthographe.

Conclusion

La dissertation est un exercice difficile car il est très codé, et il faut respecter ces codes tout en réinvestissant vos connaissances dans cette structure classique. Mais c’est comme ça que vous apprendrez à construire une argumentation, un raisonnement logique, ce qui vous sera toujours très utile ensuite !

Vous avez peur d’oublier les étapes lorsque vous rédigerez ? Téléchargez cette grille, qui résume la structure-type d’une dissertation en 3 parties, 3 sous-parties.

Exemple corrigé à télécharger

Téléchargez le corrigé-type du sujet “Les inégalités ont-elles disparu des démocraties occidentales ?”.

One thought on “Comment Traiter Un Sujet De Dissertation En Sociologie

Leave a comment

L'indirizzo email non verrà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *